Les protéines sont le fondement du régime et le principal matériau de construction de l’organisme du chien et du chat. Ces animaux ont besoin de davantage de protéines dans leur alimentation que les espèces non carnivores. Ils les utilisent pour construire les muscles, les enzymes, les hormones, le système immunitaire (anticorps), le pelage et les griffes, ainsi que pour les processus métaboliques [1]. Les protéines apportent à l’organisme l’ensemble des acides aminés essentiels et, chez le chat, constituent aussi une source importante de glucose : le chat possède une néoglucogenèse à partir des acides aminés, peu régulée et constamment active, principalement alimentée par la demande permanente du cerveau en glucose [2] [4]. Il ne s’agit toutefois pas d’un « verrou » enzymatique rigide : au-delà du seuil de besoin, le chat peut partiellement adapter la vitesse d’oxydation des protéines [5]. Les études ont montré que les chats ne sont pas capables d’adapter les enzymes du cycle de l’urée hépatique à la concentration de protéines du régime. Une diminution de l’apport protéique ne limite donc pas la dégradation des acides aminés, d’où le besoin constamment élevé en protéines alimentaires [5]. Les sources protéiques diffèrent également selon les espèces : le chien est un omnivore facultatif et un régime complet bien équilibré peut aussi utiliser des protéines végétales [6], tandis que chez le chat les sources animales sont en pratique nécessaires — non pas parce que la « viande » serait une catégorie magique, mais en raison de composants présents presque exclusivement dans les tissus animaux : taurine, vitamine A préformée, acide arachidonique et arginine [2].
Il est également intéressant de noter qu’un apport accru de protéines est associé à une microbiote plus diversifiée, par exemple du genre Enterococcus [7].
Sources alimentaires : Viande musculaire pure, abats, poissons entiers, œufs. Sources protéiques complémentaires à biodisponibilité plus faible : pois, lentilles, soja. Les sources de protéines diffèrent par les acides aminés qu’elles apportent. Chez les animaux sains et en tenant compte des allergies alimentaires, il est donc utile d’utiliser différents types de viande dans le régime.
Carence : Dans un régime BARF correctement formulé, ce problème n’existe tout simplement pas. Elle survient en cas de dénutrition : pour survivre, l’organisme commence à digérer ses propres muscles. Cela entraîne une perte de poids rapide, un pelage terne et une chute des poils, une baisse drastique de l’immunité et un retard de croissance chez les jeunes [1].
Excès : Contrairement aux mythes dépassés, un régime riche en protéines (à base de viande) n’endommage pas les reins sains des chiens et des chats. L’organisme sain d’un carnivore métabolise naturellement et sans difficulté les protéines ; un taux d’urée sanguine plus élevé est alors physiologique [1] [3]. Une restriction stricte des protéines n’est médicalement justifiée qu’en présence de problèmes rénaux ou d’insuffisance hépatique.
Sources
- National Research Council (2006). Nutrient Requirements of Dogs and Cats. National Academies Press. https://nap.nationalacademies.org/catalog/10668/nutrient-requirements-of-dogs-and-cats
- Li P, Wu G (2023). Amino acid nutrition and metabolism in domestic cats and dogs. Journal of Animal Science and Biotechnology 14:19. https://doi.org/10.1186/s40104-022-00827-8
- Hand MS, Thatcher CD, Remillard RL, Roudebush P, Novotny BJ (2010). Small Animal Clinical Nutrition, 5th Edition. https://www.markmorrisinstitute.org/sacn5.html
- Eisert R (2011). Hypercarnivory and the brain: protein requirements of cats reconsidered. Journal of Comparative Physiology B 181(1):1–17. https://link.springer.com/article/10.1007/s00360-010-0528-0
- Green AS, Ramsey JJ, Villaverde C, Asami DK, Wei A, Fascetti AJ (2008). Cats are able to adapt protein oxidation to protein intake provided their requirement for dietary protein is met. Journal of Nutrition 138(6):1053–1060. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/18492833/
- Domínguez-Oliva A, Mota-Rojas D, Semendric I, Whittaker AL (2023). The Impact of Vegan Diets on Indicators of Health in Dogs and Cats: A Systematic Review. Veterinary Sciences 10(1):52. https://www.mdpi.com/2306-7381/10/1/52
- Phimister, F. D., Anderson, R. C., Thomas, D. G., Farquhar, M. J., Maclean, P., Jauregui, R., Young, W., Butowski, C. F., & Bermingham, E. N. (2024). Using meta-analysis to understand the impacts of dietary protein and fat content on the composition of fecal microbiota of domestic dogs (Canis lupus familiaris): A pilot study. MicrobiologyOpen, 13(2), e1404. https://doi.org/10.1002/mbo3.1404